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Aides techniques pour la lecture, l'écriture et les maths
Réalisé par Caroline Donnet

L'écriture

En ce qui concerne l'écriture, au cours de la scolarité primaire, gêné dans ses activités graphiques, le dyspraxique restera longtemps illisible, il sera handicapé par sa lenteur. Il est à préciser que l'écriture peut être illisible mais qu'elle peut aussi être adéquate sur un temps limité dû à une grande fatigabilité. Toute activité à réaliser en temps limité sera pénalisante.
Avant de débuter toute activité graphique, il faut s'assurer que l'enfant soit installer dans une position assise correcte générant une posture stable tonique, en le laissant écrire en même temps que les autres élèves mais en encourageant la rapidité et la lisibilité plutôt que la présentation esthétique (Marchal, 2005). Dans ce sens, Cailloux (2005), pense qu'il ne faut surtout pas les pénaliser pour la propreté, les fautes, l'oubli de majuscules et la présentation.


Selon Barray (2005), l'adulte doit stimuler l'enfant pour qu'il utilise les règles graphiques telles qu'elles ont été décrites par Goodnow et Levine, tout au moins celles qui sont accessible à son âge :
- Choix du point de départ du dessin : en haut (5-6 ans), à gauche (8-9 ans), par une verticale ;
- Sens de progression du mouvement : classiquement de haut en bas pour les traits verticaux (5-6 ans) et de gauche à droite pour les traits horizontaux (8-9 ans) ;
- Séquenèage du mouvement : comme préférer un enchaînement continu (5-6 ans) des traits quand on réalise un dessin (carré).


L'apprentissage débute directement par l'écriture cursive. En effet, il n'est pas souhaitable de commencer par du script comme cela est souvent proposé dans les petites et moyennes sections de maternelle. Le script oblige l'enfant à repositionner son crayon sur les lignes entre chaque lettre, tâche nécessitant une bonne coordination oculo-motrice dont justement le sujet dyspraxique est dépourvu.
Cependant, selon Mazeau (2005), pour un enfant qui a entre 6 et 12 ans (en primaire), la maîtrise de l'écriture manuscrite cursive, dite aussi « attachée », « liée » ou « anglaise », représente une complexité telle qu'on considère habituellement qu'un enfant valide met environ 3 ans pour réellement en automatiser les routines de bases. Quel que soit l'âge et le niveau d'études, il faut préférer les lettres non liées ; point de vue également partagé par Marchal (2005).
C'est aux personnes les plus proches de l'enfant à décider de quelle faèon commencer l'écriture.


L'écriture cursive est nettement plus facile à apprendre et peut être utilisée si l'enfant a de gros problèmes au niveau spatial. Tandis que l'écriture liée est préconisée lors des troubles de balayage visuel car elle permet de diminuer les inversions de lettres ainsi que le découpage des mots, par exemple. Mais, il revient aux personnes les plus proches de l'enfant à décider de quelle faèon commencer l'écriture.


En CP, la principale difficulté que rencontre l'enfant est d'écrire dans les lignes correctement.


- Quelques conseils :

  Chaque ligne peut être surlignée de couleur différente au début.
  Faciliter le repérage de la ligne en donnant un nom (par exemple, ligne du Rez-de-Chaussée pour la 1ère ligne) autour duquel la verbalisation s'organise : le j est un trait penché en haut à droite jusqu'au 1er étage, puis une boucle à l'envers jusqu'au 2ème sous-sol.
  L'espace entre les mots est souvent mal calibré : utiliser une feuille quadrillée et laisser un carreau entre 2 mots.
  Le choix d'un stylo plume comme scripteur est plus pertinent car il permet à l'enfant de ne pas perdre de temps en taillant son crayon. La plume à bec amène une difficulté d'orientation du bec.
  Pour le coloriage, il faut préférer des outils qui glissent comme de gros feutres (sans insister s'il dépasse) plutôt que des crayons de couleur.
  L'enfant repasse sur la suite graphique faite au préalable par l'adulte.
  L'enfant reproduit la suite sans repasser sur le modèle mais avec la verbalisation de l'adulte.
  L'enfant continue mais verbalise lui-même.
  Tolérer, au nom de l'efficacité, que le graphisme soit grossier, lent et médiocre.
  Avoir des objectifs modestes tels qu'écrire clairement et lisiblement des mots et des chiffres isolés.
  Aider à organiser l'espace feuille par le vocabulaire suivant : haut, bas, coins, milieu, recto, verso de la page.
  Evoquer des images concrètes : le ballon, le chapeau pointu, le toit de la maison.
  Guidance verbale : « Tu montes, stop, à droite, stop, tu descends… »
  Recours aux moyens de suppléance : lettres mobiles sur tableau magnétique, photocopies de qualité, tutorat, etc.
  Repères de couleur à l'aide d'autocollants : feu vert à gauche, feu rouge à droite.
  Mettre un exercice par page.
  Faire percevoir la lettre en relief dans de la pâte à modeler par exemple.
  Le trait vertical sera appelé trait debout ; l'horizontal trait couché.
  Verbaliser les points de départ et d'arrivée de chaque trait et leur orientation.
  Proposé des pochoirs fixés avec de la patafix.
  S'il y a du texte à écrire, ou à la main pour des exercices du type « réponds par vrai ou faux », le v et le f suffisent à répondre, ou un code couleur si la dysgraphie est massive.
  Proposer l'enregistrement de la dictée sur le magnétophone du PC en verbalisant les espaces : le espace chat espace pacha espace attrape espace la espace souris.
  Lui demander moins d'écrit : en privilégiant les exercices à trous par exemple.
  Avoir recours à un élève scripteur qui prendra les notes de cours (chez les adolescents du secondaire) et on autorisera la photocopie ; l'atteinte des objectifs académiques pourrait être vérifiée par un examen oral dont les exigences calligraphiques sont moindres.
  Le logiciel Abalexic (P. Cheve, téléchargeable sur le net) permet également une bonne autonomie à l'apprentissage de l'orthographe.

Pour quelques conseils énumérés, notamment pour la guidance verbale, si l'enfant a des troubles topologiques, il est possible d'essayer la méthode « ABC Boum », mise en place par N. Rouleau. Cette méthode propose un son pour chaque trait afin de réussir à former la lettre.
Par exemple, le « E » est égal à : « touc, broum, broum, broum ». Le « touc » étant le trait vertical qui représente le bruit d'une goutte d'eau qui tombe, et le « broum » représentant le trait horizontal d'une voiture qui avance.


L'ordinateur

Selon Mazeau (1995), les ordinateurs constituent des palliatifs d'excellente qualité, peu marginalisants car utilisés par la majorité de la population, assurant une réalisation de qualité et valorisante. La frappe sur une touche de clavier ne constitue pas un geste praxique constructif, et n'est donc pas un obstacle pour les dyspraxiques. Par contre, des difficultés motrices peuvent exister, gênant la précision de la frappe ou même interdisant l'accès au clavier : des solutions ergonomiques sophistiquées sont parfois nécessaires. L'exigence du contrôle moteur est tout de même amoindrie et permet ainsi à l'enfant d'impartir son énergie à d'autres tâches (l'orthographe par exemple). Mais surtout les troubles du regard associés constituent une difficulté surajoutée à prendre en compte lors de la phase d'apprentissage.


L'outil informatique permettra à l'enfant d'expérimenter différemment le dessin, le coloriage, l'assemblage, sans manipulation, avec des possibilités d'essais/erreurs et un résultat propre et valorisant. L'usage de l'ordinateur permet également de limiter les conséquences des troubles du regard en centralisant toutes les informations visuelles sur un espace cadré (scannage des documents, etc.) (Marchal, 2005).
Il faudra assurer un support technique suffisant pour en tirer le meilleur profit (Lussier & Flessas, 2001).


Selon Mazeau (1995), le choix du matériel doit tenir compte de nombreux facteurs : âge de l'enfant, avenir scolaire prévisible à moyen terme, nécessité d'adaptation ou non pour accéder au clavier ou utiliser la souris.
Tout d'abord, il faut se familiariser avec l'ordinateur par :

  Des jeux (remplir des formes).
  Ecrire son prénom.
  Marquer divers endroits du clavier par des pastilles autocollantes de couleur (jaune = espace ; orange = effacer ; vert = à la ligne…)
  Apprentissage par cœur de la disposition du clavier.
  Lors de l'apprentissage du clavier, les touches-lettres doivent être masquées d'emblée (par un cache) pour en éviter la recherche visuelle sur le clavier et pour augmenter la vitesse de frappe et l'automatisation de la frappe (5-9 ans).
  Choisir des textes dans lesquels certains mots reviennent avec redondance, comme par exemple un personnage dont le nom revient de manière récurrente ou une phrase qui commence toujours de la même faèon. Ceci doit permettre à l'enfant d'anticiper la frappe.
  Encourager une frappe à deux doigts d'une main, deux ou trois doigts de l'autre, et même assez souvent avec les deux index.
  Les corrections ne doivent pas être effectuées au fur et à mesure de la frappe.
  Travailler écran éteint, l'enfant effectue secondairement les révisions nécessaires.
  Procéder à un contrôle précédant la frappe, par exemple par une épellation au cours de la frappe ou juste avant.
  Utiliser la police Times New Roman car elle est utilisée dans la majorité des livres.
  L'apprentissage débute en majuscule.
  Utiliser les touches de ponctuation et d'accent lorsque toutes les lettres du clavier sont connues.
  Pour les touches avec accent, on les situe en donnant leur position, par exemple : « é » à côté du « L », ou le « è » sous le 4.

Le recours à l'ordinateur ne doit pas être systématique. Evidemment, cela améliore la lisibilité des textes de l'enfant dyspraxiques, mais cela a rarement un impact sur la vitesse d'écriture, car leur exécution motrice reste souvent lente. Par contre, si un apprentissage intensif de dactylographie est exécuté, l'enfant deviendra certainement plus rapide à l'ordinateur. De plus, il faut noter que la mise en place d'un clavier pour l'écriture n'empêche pas de continuer à utiliser l'écriture manuelle, qui dans la vie quotidienne sera toujours très utile comme par exemple pour la signature (Hurtrez, 2005). De plus, il faut noter que la mise en place d'un clavier pour l'écriture n'empêche pas de continuer à utiliser l'écriture manuelle, qui dans la vie quotidienne sera toujours très utile comme par exemple pour la signature (Hurtrez, 2005).


 
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